L’oeil du tag

Lexpo T.A.G au Grand Palais

Depuis quelques semaines les oeuvres d’une selection de graffeurs des 4 coins de la planète ont investi..le Grand Palais ! Paradoxal, me direz vous ? Ce n’est pas tant dans le lieu mais plutôt dans l’idée de rendre durable içi des oeuvres vouées d’ordinaire à la destruction. C’était en tout cas le rêve longuement muri d’Alain Dominique Gallizia, l’organisateur et concepteur de l’exposition, qui voulait se l’offrir pour ses 50 ans. Peut être pouvons nous y déceler aussi la volonté malicieuse d’apaiser les tensions entre les pro qui y voient de l’art et les anti pour lesquels ce n’est que détérioration volontaire donc sauvage du patrimoine collectif.

A l’heure où malgré tout les professions de la communication et du marketing (ex. Stephen Sprouse pour Vuitton), les collectivités s’emparent de la variété de graffiti : light painting, g. sonore, laser tag, g. invisible, reverse g., video graff.. Difficile de jouer les 3 singes. C‘est donc l’occasion de se faire une opinion dans un endroit privilégié. Alors nous avons accepté l’invitation au vernissage.Distinguons tout d’abord le tag du graffito. Le premier est une sorte de signature, de calligraphie que vous retrouvez un peu partout sur les murs de la ville, le second est plus élaboré, plus complexe et surtout plus magique à notre goût.. et quand ils sont plusieurs cela donne des graffiti. L’expo s’ouvre sur la toile du pionnier (1971) et mentor de tous : Taki 183 (ème rue à Washington Heights) qui a le premier griffé les murs de N.Y. I

l y a aussi la star Toxic puis Nunca, l’Atlas, Skki, etc.. Mais les absents ayant toujours torts, nous avons rencontré Lek, un des 150 graffers pour qu’il nous parle de sa passion. Il n’en a pas fait son métier mais ça l’obsède depuis qu’il a l’âge de lire des BD. Ado. il chassait les lieux toujours plus inaccessibles mais avec une belle visibilité pour tenter de laisser « sa trace ». Interlope, l’univers des graffers est traqué par la police, alors Lek raconte que c’est parfois borderline tant dans les fréquentations que par ce qui circule alors tu dois t’en tenir à une conduite exemplaire pour ne pas avoir à passer certaines nuits au poste. En tout cas il y en a une qui n’a pas fini d’être fière des « grabouillis de mur » de son fils.

Mais ne vous méprenez pas, parmi les graffeurs existent aussi des « fils à papa » qui trouvent dans cet outil de rebellion, un moyen d’expression. D’ailleurs, vous verrez qu’une majorité des oeuvres, outre leurs explosions de couleurs, sont poétiques, cosmiques et fantasmagoriques. Le thème imposé pour l’expo était de représenter l’univers de l’artiste sur une moitié de la toile et sur l’autre l’amour… Alors dégradation ou adoration ? Nous en étions restés aux tags des métros, or ce jour là, le spectacle était autant sur les murs que dans la salle…. A vous de voir jusqu’au 3 mai 2009 !

Est ce que les graffeurs font évoluer leurs pratiques ?
En savoir + avec les « green graffs » http://videos.nouvelobs.com/video/
iLyROoafYjQK.html

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